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Le corps à découvert, une exposition à corps et à cris à l’institut du monde arabe

Le corps et le corps découvert, mis à nu a et est toujours dans la société occidentale un incontournable de l’apprentissage de la peinture, du dessin de la sculpture, des arts plastiques. Le corps et le corps nu est depuis des siècles un des sujets majeurs d’un grand nombre d’artistes, et qui à un moment ou un autre l’ont inscrit dans leurs créations. La représentation du corps dans la création a de tout temps souvent réveiller tous les phantasmes, révéler toutes les pudibonderies de la bonne société, susciter de nombreux interdits. L’Origine du monde du peintre Courbet, dédiée à la célébration du corps féminin et qui défraya en son temps la chronique est pourtant devenue aujourd’hui une oeuvre admirée, reconnue, et recherchée. D’ailleurs, pour l’anecdote son premier propriétaire en fut le diplomate turco-égyptien Khalil-Bey (1831-1879) qui en fut aussi dit-on son commanditaire. L’exposition « le corps découvert » que nous propose actuellement l’institut du monde Arabe est un voyage à travers le monde arabe, un voyage dans le temps, dans le monde de la peinture et de la création arabe. Le corps comme sujet, fait partie au début du vingtième siècle de l’apprentissage et est enseigné au sein des écoles d’arts, égyptiennes et libanaises. De nombreux artistes arabes s’initient à peindre des corps nues ou découvert, à peindre des corps de femme, des odalisques. Mais le corps à la fois sujet premier mais aussi sujet tabou dans la création, peut être à l’origine  de nombreux maux au sein d’une société. Le corps quoi qu’il arrive parle et exprime des choses que l’on aime ou que l’on déteste. Le corps peut séduire ou faire peur. Le corps garde la trace des choses qui l’ont marqué. Le corps souffre et peut être violenté, martyrisé. Le corps est sexué, il représente le désir, il peut être trivial. Le corps et sa représentation en dérange certain notamment dans leurs croyances. Le corps peut être aimé ou haï, parce que nu celui-ci rappelle à l’homme ce qu’il est. Peint, sculpté, photographié, filmé, un corps ne laissera jamais indifférent ce qui l’auront regardé. C’est tout le propos de cette exposition, le corps à découvert, vu au travers des yeux du monde arabe. Un monde arabe en pleine effervescence, qui se cherche mais qui à du mal à se trouver, à se voir, à se représenter sans aucune arrière pensée. Un monde arabe qui  doit composer avec sa  nouvelle génération de créateur, nouvelle et jeune génération qui elle à besoin de s’exprimer pleinement sans retenue mais aussi sans puritanisme. Le corps pour être vu et pour exister à besoin de se dévoiler. Le corps qui de nouveau se voile aujourd’hui ne pourra plus être demain, peint, filmé photographié et donc être vu. C’est aussi tout l’enjeu et le propos de cette exposition.Une exposition forte en émotion, à voir absolument.

Un grand merci à Madame Hoda Makram-Ebeid, commissaire de l’exposition

Le pitch de l’exposition :

L’IMA présente, du 27 mars au 15 juillet 2012, une grande exposition d’art moderne et contemporain sur le thème de la représentation du corps et du nu dans les arts visuels arabes. La représentation du corps dans les arts visuels arabes constitue une matière jusqu’ici ignorée, une sorte de terra incognita pour le moins inexplorée. On aurait ainsi pu s’attendre à ce que ces représentations n’existent pratiquement pas dans la peinture arabe ; or, à travers le corps, c’est tout un pan méconnu d’une riche iconographie qui vient à se découvrir.

C’est à cette quête et à cette découverte tout à la fois, que sera convié le public d’une exposition pleine de surprises, Le Corps Découvert. Cette exposition a pour ambition de rassembler, sur deux étages, une large sélection d’oeuvres et de médiums permettant d’aborder cette question de manière synchronique et diachronique à la fois.

De la même manière qu’il s’est pris naguère d’un intérêt soudain pour les artistes chinois ou les artistes indiens, le monde de l’art s’est récemment tourné vers les créateurs arabes. L’Institut du monde arabe, organisateur depuis vingt-cinq ans qu’il existe, de plus d’une centaine d’expositions d’artistes arabes ne peut, bien sûr, que se féliciter d’un engouement auquel il ne se sent certes pas étranger.

Avec Le Corps Découvert, l’IMA entend présenter à son public, une exposition qui, à travers ce thème ample, complexe et fondamental à la fois, embrasse tout un siècle de peinture arabe ou, plus exactement, de pratique des arts plastiques. Car lorsque l’on parle ici de peinture, on entend le mot dans l’acception européenne ou occidentale du mot, bien évidemment, c’est-à-dire, selon celle qui est désormais reçue sur la scène internationale, à présent mondialisée.

En effet, les artistes arabes, pas davantage que les artistes chinois ou indiens, n’ont attendu de maîtriser la peinture telle que la définissent les canons européens pour se livrer à la création artistique, les uns comme les autres ayant derrière eux de très nombreux siècles de pratique à cet égard, de l’architecture à la musique, de la sculpture à la poésie.

Si le portrait à l’européenne était en vogue, dès la fin du XVIIIème siècle à la cour du grand sultan ottoman comme ensuite à celles de différents monarques de pays arabes, et si la technique en était maîtrisée par quelques peintres autochtones, la pratique de ce qu’il est convenu d’appeler la peinture « de chevalet », dans le monde arabe, ne remonte guère avant les dernières décennies du XIXème siècle. C’est à partir de cette époque que de jeunes créateurs arabes, Libanais ou Egyptiens le plus souvent, entreprennent ce « grand tour » qui les menait en Italie, en France, en Espagne, en Angleterre et au cours duquel ils s’initiaient et se perfectionnaient, d’ateliers en ateliers, aux arcanes des beaux arts.

Parmi les techniques et les thématiques que ces artistes se voyaient inculquer en Europe, figurait, telle une discipline à part entière, celle du nu, peinture d’après modèle vivant qui constituait l’un des fondements de l’enseignement académique. Seuls certains d’entre eux, tels les Libanais Khalil Saleeby, Georges Daoud Corm et Moustafa Farroukh ou l’Egyptien Georges Hanna Sabbagh ont fait de la représentation du corps un motif récurrent, dans lequel ils trouvaient matière à travailler la question picturale – rien n’étant plus difficile à peindre que la chair –, mais aussi matière à évoquer sensualité et érotisme, moteurs essentiels de la création s’il en est.

De même qu’on s’est abstenu de pourchasser dans l’oeuvre de tous les peintres arabes d’envergure, le nu qu’ils auraient forcément commis à un moment ou à un autre de leur parcours, il ne nous a pas semblé utile non plus de rechercher dans l’histoire de l’art arabe, pour les placer en perspective avec des créations contemporaines, telle miniature détaillant une scène de hammam, telle icône exaltant le supplice d’un martyr, telle illustration peinte sur une page d’un traité de médecine, au prétexte que les corps montrés là étaient des corps nus. Et cela pour la raison que les oeuvres des artistes présentées dans cette exposition, on l’a dit en commençant, viennent bien plutôt s’inscrire dans une autre continuité, plus universelle, celle de l’art moderne et contemporain.

Ce qui nous intéresse, ce sont, d’abord, les travaux des peintres qui ont réfléchi sur la question au point que le nu vienne à constituer un pan de leur oeuvre, ainsi qu’on en a cité quelques uns.

Ces peintres, pour pratiquer d’abord selon les enseignements reçus, vont tenter peu à peu de répondre à leur manière aux modèles classiques européens. Le nombre d’artistes se multipliant parallèlement au développement des écoles d’art, les générations «pionnières» de la peinture laissent progressivement place à de nouvelles expressions plastiques émancipées des influences et des contraintes. Les regards portés par ces artistes se diversifient, s’individualisent. Au centre de la réflexion de nombre d’entre eux vient se placer la question de l’orientalisme. Ceux qui ont accompli le « grand tour » n’ont pas manqué d’être ébahis par les clichés orientalistes que distille l’Europe à l’époque.

Vu d’Europe, en effet, l’Orient ressemble à une page des Mille et Une Nuits traduite par le Docteur Mardrus. Les fantasmes qu’entretient l’Occident à l’égard de sociétés orientales, peuplées de harems, où les plaisirs sont licites et débridés, voluptueux et parfumés, pour être éloignés de la réalité n’en ont pas moins la vie dure. C’est sans doute pour cette raison que des artistes orientaux, tels Mahmoud Saïd dès les années 30 et 40, vont commencer par composer avec ces inébranlables stéréotypes, introduisant pourtant dans leurs toiles un léger tremblé, une sorte de vibration rendant un son nouveau.

Plus tard, beaucoup plus tard, à la fin du XXème siècle ou au début du XXIème, ces précautions ne seront plus de mise et laisseront la place à l’expression d’une forte dérision – comme dans la toile de Sundus Abdul Hadi, Innana in Damascus (2008) –, parfois non dépourvue d’une certaine tendresse, comme dans la très belle série de photographies de Halida Boughriet, Mémoire dans l’oubli (2009-2010).

Regarder le reportage :

Institut du monde arabe

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