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Strindberg et la photographie à l’Institut Suédois

Un siècle après sa mort, August Strindberg (1849-1912) continue de fasciner. Précurseur et novateur à son époque, il parvient de nos jours encore à provoquer le public du théâtre partout dans le monde.

Dans le cadre de l’année Strindberg 2012, Exposition photographique :

Auteur de génie, alchimiste, cosmopolite, misogyne, vaniteux et rebelle : August Strindberg  incarne de nombreuses identités. Alors que la photographie était encore un médium récent, le célèbre écrivain et peintre suédois sut très vite saisir son importance et l’utiliser pour créer sa propre « image de marque », avant la lettre. Un siècle après sa disparition, que reste-t-il de tous ces clichés ? Quel souvenir gardons-nous de lui ? Comme il le formula lui-même : « On ne se lassera pas de moi car je suis quelqu’un de très protéiforme ». Divisée en cinq thématiques, l’exposition montre à travers une cinquantaine de tirages photographiques le soin avec lequel Strindberg se mettait en scène, arrangeant méticuleusement ses portraits. Elle le présente également dans son environnement familial et professionnel : autant d’images reflétant aussi bien la personnalité de l’artiste que les différents milieux dans lesquels il réalisa son œuvre prolifique.

Autour de l’exposition Strindberg et la photographie.

  • 22.05.2012  à  19h30

Table ronde. Björn Meidal, professeur de l’Université d’Uppsala, un des plus éminents spécialistes suédois de Strindberg et auteur des textes dans l’exposition, s’entretient avec Elena Balzamo, chercheuse et traductrice, entre autres de la correspondance de Strindberg (Ed. Zulma 2009 et 2011). Entrée libre, sur réservation.

Lectures, conférences, spectacles autour d’August Strindberg : retrouvez la programmation parallèle complète ainsi que les autres événements Strindberg en France en consultant le site officiel www.strindberg2012.se L’exposition a été conçue à partir du livre The Worlds of Strindberg, une collaboration entre le spécialiste Björn Meidal et le photographe Bengt Wanselius (éd. Max Ström). Ces tirages récents proviennent d’originaux des collections de Strindbergmuseet, Nordiska museet et la Bibliothèque nationale de Suède. Production : Fotografiska.

August Strindberg

Né en 1849 et mort à Stockholm le 14 mai 1912, August Strindberg est l’une des plus grandes personnalités artistiques suédoises du tournant du 20e siècle. Surtout connu en France pour ses pièces de théâtre, il fut aussi romancier, essayiste, poète, peintre, photographe et alchimiste. Cosmopolite, il séjourna dans plusieurs pays dont la France. Certaines de ses œuvres furent même composées directement en français. Très critiques vis-à-vis de la société, ces textes suscitèrent de nombreux scandales en Suède et dans d’autres pays d’Europe. Admiré et haï à la fois, l’artiste demeure une icône. La célébration du centenaire de sa mort cette année, dans son pays et ailleurs dans le monde, illustre bien la place que ce génie occupe toujours dans le domaine de l’art et de la littérature.

Il y a toujours un aspect du caractère de Strindberg – du virulent polémiste social et politique au maître de l’introspection psychologique – qui répond à l’esprit et au climat intellectuel du temps. Ses idées sur la morale, les classes, les structures du pouvoir et la politique familiale sont toujours d’actualité. La lutte inlassable qu’il a menée toute sa vie pour la liberté de pensée et de parole est plus importante que jamais à une époque où la censure règne dans bien des pays. Une autre raison de la popularité de Strindberg est son accessibilité. Alors que les oeuvres anciennes paraissent parfois datées, ses textes parlent la langue de tous les jours et donnent une impression remarquablement moderne.

Des talents multiples

La diversité de Strindberg ne cesse de surprendre. Il s’est essayé à la plupart des genres. Novateur du théâtre et du roman, il a été aussi poète, peintre, photographe, et même sinologue. Sa vie privée orageuse explique aussi l’attrait durable qu’il exerce, d’autant plus qu’elle est si profondément liée à son oeuvre. La vie et l’oeuvre sont indissociables chez Strindberg. Lui-même pensait que l’oeuvre d’un écrivain est le reflet de son existence. Son évolution littéraire suit de près les turbulences de sa vie privée, entre autres les crises nées des mésententes conjugales et des controverses politiques.

Éducation et études

Il dira plus tard que son enfance a été marquée par la pauvreté et la désaffection, mais sa famille n’était pas pauvre. Son père, commissionnaire maritime, avait épousé sa gouvernante. Ils avaient huit enfants. Sa mère est morte jeune et les relations avec son père étaient tendues. Après une violente querelle en 1876, le père et le fils ne se sont jamais revus. Après son baccalauréat en 1867, Strindberg a mené une existence erratique. Il a été instituteur et précepteur, il a étudié la médecine et a voulu devenir acteur – le tout sans grand succès. À l’université d’Uppsala, où il a fait des études intermittentes, il s’était rendu insupportable par sa constante volonté de s’opposer aux professeurs. Il n’en était pas moins considéré comme un jeune écrivain prometteur. Il a travaillé un temps comme journaliste au Dagens Nyheter, le plus grand quotidien du matin, et comme assistant à la Bibliothèque royale à Stockholm. C’est vers cette époque qu’il rencontre Siri von Essen, qui sera sa première femme. Finlandaise de langue suédoise, aristocrate, mariée, elle ambitionnait d’être actrice. Ils vivent une passion orageuse, alternant entre désir et haine. Après bien des péripéties, ils se marient en 1877.

Premiers succès littéraires et exil

En 1879, Strindberg fait sa percée littéraire avec un roman satirique, Le Cabinet rouge. Encouragé par ce succès, il continue d’écrire, s’attaquant volontiers aux pouvoirs établis suédois.

Après la publication d’une virulente satire, Le Nouveau Royaume (1882), les réactions sont si hostiles que Strindberg se voit contraint de quitter la Suède. Commencent alors des années d’exil, pendant lesquelles il sillonne l’Europe avec sa famille. En Suède, les scandales se multiplient ; après la publication de son recueil de nouvelles Mariés (1884-1886), il est poursuivi pour blasphème. Strindberg est acquitté, mais son instabilité mentale et sa paranoïa s’en trouvent accrues. Le délire de persécution mine aussi son mariage, qui va de plus en plus mal. Cette crise conjugale coïncide avec la montée du mouvement féministe, qui est très probablement à l’origine de sa vision délétère de la femme.

La crise d’Inferno

En 1891, Strindberg divorce et part pour Berlin, où il contracte un bref mariage avec la journaliste autrichienne Frida Uhl. Ils ont une fille mais ne tardent pas à se séparer et Strindberg s’installe à Paris. Tourmenté par d’invisibles ennemis et victime d’hallucinations, il entre alors dans une période noire de sa vie, qu’il relatera dans Inferno. C’est à cette époque aussi qu’il commence à s’intéresser aux sciences de la nature et à l’alchimie.

Retour en Suède

Après la crise d’Inferno, Strindberg retrouve un peu de sérénité et rentre en Suède. Il se marie pour la troisième fois, avec l’actrice Harriet Bosse. Leur union sera de courte durée, et ils se séparent peu après la naissance de leur fille Anne- Marie en 1902. En 1907, Strindberg lance avec l’acteur August Falck le Théâtre intime à Stockholm. Il revient à la critique sociale et se trouve impliqué dans une polémique qui est entrée dans l’histoire sous le nom de « bataille de Strindberg »

Maladie et mort

Dans les dernières années de sa vie, Strindberg occupait un appartement du centre de Stockholm, aujourd’hui transformé en musée. L’actrice Fanny Falkner, son dernier grand amour, vivait dans le même immeuble. Le 14 mai 1912, August Strindberg meurt, probablement d’un cancer de l’estomac. Son cortège funèbre a été suivi par quelque 60 000 personnes et la presse naguère si hostile lui a consacré des nécrologies dithyrambiques – ironie du sort pour un écrivain qui avait passé toute sa vie à s’opposer aux pouvoirs en place.

Exposition du 04.05.2012  au 14.10.2012

Institut suédois

Nuit de jalousie, peint par Strindberg à Berlin, Allemagne, 1893.

 

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