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Le prix Barbara 2011 est attribué à « L »

 

Frédéric Mitterrand, L, Marie-Paul Belle, Gérard Depardieu

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a remis le 2ème prix Barbara à l’auteure-compositrice-interprète L.

Le jury était composé cette année de :

  • Marie-Paule Belle, chanteuse
  • Gérard Daguerre, musicien et pianiste de Barbara
  • Gérard Depardieu, acteur
  • Kevin Douvillez, programmateur des Francofolies
  • Thierry Lecamp, journaliste à Europe 1
  • Bernard Serf, neveu de Barbara
  • Philippe Vannier, responsable musique de TV5 Monde

Après avoir récompensé la fougue et le talent de Carmen Maria Vega en 2010, le jury 2011 a souhaité saluer la poésie des textes et l’empreinte vocale si marquante de L. Ses compositions sensuelles et féminines ont charmé le jury.

De son vrai nom Raphaële Lannadère, L chante et donne de petits concerts pour sa famille très jeune. Vers ses 20 ans, avec l’aide d’une ethnomusicologue, elle étudie les polyphonies tsiganes, corses, bulgares, le gospel et le fado, qui marqueront sa musique et sa façon de chanter.

En 2002, elle se choisit un nom de scène, L, initiale de son nom, et donne son premier concert dans la cave d’une rôtisserie parisienne, accompagné par celui qui deviendra Babx. S’ensuivent ensuite beaucoup de concerts, dans lesquels elle reprend les classiques de la chanson française (Piaf, Ferré, Brel, Barbara…), et pendant lesquels elle peaufine son écriture. Elle a également chanté avec le brésilien Ricardo Tete ou Teofilo Chantre. Son premier EP 6 titres sort en 2008. En 2010, elle est invitée aux Découvertes du Printemps de Bourges et au Chantier des Francos. Elle écrit pour Camelia Jordana.

Son premier album, « Initiale », est sorti en avril 2011.

Le prix Barbara a été créé en 2010 pour encourager un jeune artiste-interprète, auteur et/ou compositeur dont le talent s’inscrit dans le sillage de la grande artiste disparue en 1997. TV5 Monde lui consacrera un numéro de son émission musicale « Acoustic » et le festival Barbara de Saint-Marcellin recevra L dans son édition 2012.

Initiale

Lorsqu’on lui demande pourquoi la lettre L… « C’est évidemment l’initiale de mon nom, mais pas seulement. C’est aussi, par le seul fruit du hasard, celle des noms de famille de tous mes grands-parents. C’est une lettre présente dans mon prénom et empreinte de féminité. C’est également un roman de Romain Gary, Lady L., une chanson de Babx – compagnon de longue date – et bien d’autres choses encore… ».

Manière de dire qu’il peut s’en cacher, des choses, et qu’il peut s’en tramer, des histoires, derrière une simple initiale. Et on ne s’étonne pas, alors, de voir s’épanouir tout un univers sous le titre d’Initiale, son premier album. Un univers couleur crépuscule, pétri des visions et des chimères de son auteur-compositeur, où se mêlent les mirages persistants du réel et les vérités flottantes de l’irréel.
Après s’être forgée la voix dans un groupe polyphonique interprétant des chants du monde, Raphaële Lannadère fait ses premiers pas en solo au début des années 2000, reprenant de vénérables classiques (Piaf, Ferré, Brel, Barbara…) dont elle boit alors les paroles avec ferveur, comme on boit des alcools forts pour se donner le goût du vertige. Plus tard, elle embarque aux côtés du Brésilien Ricardo Tete ou côtoie Teofilo Chantre (chanteur, mais aussi songwriter pour Césaria Evora), avec lesquels elle explore les beautés de la chanson lusophone.

Puis c’est à la source de ses propres textes et compositions qu’elle prend plaisir à se griser, tourbillonnant sous la lumière des scènes de Paris et d’ailleurs, où sa vibrante et délicate présence laisse ses premières traces. En 2008, un EP six titres, Premières lettres, se fraye un passage jusqu’aux ondes (Fip, France Inter, Europe1..). Grâce notamment à Petite, chanson accroche-cœur qu’on trouve aujourd’hui revisitée dans Initiale, la demoiselle tape dans l’oreille de prestigieux aînés, Brigitte Fontaine et M en tête.

Sur ces années de formation, qui lui ont appris les vertus de la patience, L porte un regard plein de gratitude. « Avec le recul, je mesure combien cette attente a été une chance. Elle m’a notamment laissé le temps de me planter, de partir par exemple dans une direction très théâtrale, proche du cabaret, qui m’a bien amusée… mais qui du coup noyait mon propos. Je n’avais peut-être pas assez réfléchi à l’essence même des chansons. »

Cet élan vers l’essentiel l’a menée vers Initiale. Et pas du genre à jouer la diva drapée dans quelque hautaine solitude, elle a tenu à emprunter ce chemin avec sa « famille de cœur et de musique. Cela ne pouvait être autrement ». Ainsi, se retrouvent au générique du disque ses partenaires de scène privilégiés – la pianiste Donia Berriri, le violoncelliste Julien Lefèvre -, le talentueux réalisateur-arrangeur David Babin – plus connu sous le nom de BabX – et tous ses musiciens. Traquant la nuance ou le détail qui transformera une partie instrumentale, une texture sonore ou un motif rythmique en vertige esthétique, il était, pour L, le seul à pouvoir donner à Initiale cette patine nocturne, entre velours noir et clarté stellaire, qui lui confère une envoûtante unité de ton et de souffle. « Avec BabX, on voulait comme préalable que le disque soit plus qu’une simple collection de chansons. On a beaucoup réfléchi aux atmosphères, aux scènes et aux lieux, aux températures et aux saisons qu’il convoquait. Dans les titres plus intimistes, on voulait créer l’impression d’être dans une pièce, qu’on puisse sentir si les murs étaient de bois ou de pierre… Sur chaque chanson, des choses se sont dessinées comme cela, et faisaient souvent appel à des travellings, des errances, des balades dans les rues et la nuit… BabX a cette capacité extraordinaire de scénariser la musique. Ceux qui possèdent ce don-là sont très peu nombreux ».

Créée par « chaque musicien, chaque instrument, chaque prise de son », la magie d’Initiale repose en effet sur une alchimie qui relève autant de la sorcellerie musicale que de la féérie cinématographique. Eclairés avec une science des ombres et des lumières digne des plus grands chefs op’, claviers, guitares, cordes, rythmiques et spectres électroniques créent mieux que des décors : ils inventent un monde, avec ses perspectives ouvertes et ses recoins secrets, ses reliefs et ses profondeurs, ses « aubes sépias » et ses moments volés à la brune, ses échos, ses reflets et ses fantômes. Un monde dans lequel la voix et les chansons de L se glissent, flottent, et se posent avec des grâces et des élégances d’oiseaux de nuit.

La chanteuse raconte qu’entre 15 et 22 ans, elle s’est pris de plein fouet les échappées poétiques de Bataille, Artaud, Michaux ou Genet… Le verbe libre qui court tout au long d’Initiale prouve qu’elle a su faire bon usage des leçons prodiguées par ces maîtres en évasion. « C’est le texte, toujours, qui me vient en premier, c’est lui qui m’évoque la couleur musicale d’une chanson : je m’assois au piano et je cherche, comment dire les mots, comment je veux les entendre. Puis je joue avec des samples, des riffs, des lignes de basse… Je n’ai pas étudié la musique, mon approche des instruments est intuitive, pas conventionnelle, mais j’ai besoin d’aller au bout de mes idées. Certaines chansons d’Initiale sont très fidèles à mes arrangements d’origine (Mescaline, Petite…). D’autres ont été au contraire complètement effeuillées, réduites à leur plus simple expression, avant de revêtir les arrangements de Babx ».

On l’entend rêver tout haut dans sa chambre (Je fume, Mescaline), enrobée dans les vapeurs opiacées du sentiment amoureux, dériver au soir tombé dans le cœur des villes (Château Rouge, Romance et Série Noire…), ou encore s’abandonner corps et âme aux bras d’une valse en habit de nostalgie (Les Corbeaux), d’une habanera douce-amère (Mes lèvres) ou d’une mélodie rythmée (Jalouse, Pas de ciné)… Et s’il lui arrive de se heurter brutalement à la réalité (Petite, évocation d’une sans-papier expulsée), c’est pour mieux tracer ensuite de cinglantes lignes de fuite vers les territoires sans limites de l’imaginaire (Initiale, Pareil).

Dans cette harmonieuse succession de climats et de situations, L reste cette chanteuse d’une intense légèreté, préférant envisager l’existence par le prisme de l’invention que par le biais terre-à-terre du quotidien. « J’ai commencé à écrire avec plaisir, quand je me suis aperçue que je pouvais me détacher de moi-même. Narrer par le menu mes petits tracas ou mes courses chez Ikea, c’est l’inverse de ce qui me touche, en musique, en littérature ou au cinéma. Après, il a fallu que je débarrasse mon chant de tous ses tics, ses manies. Depuis un an ou deux, j’ai l’impression d’avoir trouvé une unité dans ma voix et mon expression, quelles que soient la tessiture, l’intensité ou la dynamique des chansons. Quand on chante, on ne peut qu’être attiré par cette forme suprême de justesse et d’épure qu’ont atteint des gens comme Billie Holiday, Thom Yorke, Björk ou Lhasa ».

Aujourd’hui c’est sa voix, à elle, qui nous happe. Initiale nous appelle et nous attrape. On y entre tout entier, comme on se fond dans les vapeurs enveloppantes du soir. Comme on se perd avec volupté dans la mélancolie des heures d’ivresse et d’égarement.

Frédéric Mitterrand, L, Marie-Paul Belle, Gérard Depardieu

Les Interviews :

  • L

  • Gérard Depardieu

    • Kevin Douvillez, programmateur des Francofolies

  • Fédéric Mitterrand sur la Fête de la Musique

Reportage Jean Marc Lebeaupin pour ArtéMédia

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Une Réponse à Le prix Barbara 2011 est attribué à « L »

  1. perlimpinpin

    22/07/2011 a 9 h 13 min

    Ecoutez « Petite » de L. , écoutez « I walk alone » de Tarja .. même intro, ok c’est bien ce qu’elle fait, mais pour moi désolée, le plagiat ça ne passe pas ..

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